DISCOURS DE MME. TOURIA MAJDOULINE, SECRETAIRE GENERALE DE LA COMMISSION NATIONALE MAROCAINE POUR L'UNESCO

Premier Forum International sur l’Education aux Médias et à l’Information

Allocution d’ouverture de Mme Touria Majdouline, Secrétaire Générale de la Commission Nationale Marocaine pour l’UNESCO

 

Honorables invités et chers participants,

 

C’est avec un réel plaisir que je m’adresse à votre honorable assemblée, à l’ouverture des travaux de ce premier et important Forum International sur l’Education aux Médias et à l’Information.

Je saisis donc cette occasion pour exprimer mes sincères remerciements au comité d’organisation de ce Forum.

Mesdames et Messieurs,

Les médias sont à la fois synonymes de liberté et d’aliénation. Ils renvoient à la liberté d’expression qui ne peut se déployer que dans des Etats démocratiques et en même temps ils suscitent sans cesse le soupçon d’une collusion avec le pouvoir politique. Notre rapport aux médias est ainsi un rapport double d’attraction et de répulsion. En ce sens, ils apparaissent à la fois comme la meilleure et la pire des choses nous conduisant à osciller entre l’affirmation des médias comme contre-pouvoir et leur condamnation comme instrument de la domination parfois sourde et masquée.

Avec l’émergence des technologies numériques, les médias sont réellement devenus omniprésents. Qu’ils proviennent d’éditeurs établis ou qu’ils aient été créés par des utilisateurs, les contenus médiatiques imprègnent et influencent tous les aspects de notre vie.

Aujourd’hui, 80% de l’information est numérique. Dans ce monde virtuel, le métier des bibliothécaires va être bouleversé et son rôle sera déterminant.

Pour répondre aux demandes des jeunes en matière de documentation, ils devront s’occuper du filtrage des contenus et de la bonne utilisation des réseaux sociaux : Facebook, Twitter, MySpace, etc.

Comme vous savez ; honorable présence, ces réseaux sociaux  ont joué un rôle déterminant au printemps arabe. La contestation dans le monde arabe, que ce soit, en Egypte, en Tunisie ou Au Maroc avec le mouvement de 20 février, a bénéficié de l’appui essentiel des ces réseaux, d’une part pour mobiliser, et d’autre part pour informer ou désinformer. 

Partout, Twitter, a joué le rôle d’informateur. Les twiits, ces petits messages postés par les manifestants et donnant soit des faits sur le déroulement du mouvement, soit leurs émotions et leurs points de vue sur la situation, étaient Relayés par les médias, notamment les chaines télévisées internationales. Le média, par essence intermédiaire, devient de plus en plus souvent le relais de l’i-média dans ce printemps arabe, et ceci grâce, ou à cause d’Internet

Ce phénomène web commence à attirer l'attention des professionnels de l’information. Les médias sont les premiers utilisateurs qui ont adopté ce nouveau-né de la toile. C'est le cas, à titre indicatif, de CNN, BBC, AP, France 24 et AFP qui utilisent ce canal pour annoncer des alertes et news fraîches. Au Maroc, certains médias ont franchi le pas : la MAP, Au Fait, Yabiladi…

Cependant, pour pouvoir tirer profit de la multitude de contenus mis à leur disposition, les gens doivent être capables de faire la différence entre ce qu’ils souhaitent et ce dont ils ne veulent pas, entre ce qui est approprié et ce qui ne l’est pas. Ils ont besoin d’une carte et d’une boussole pour dénicher les trésors et éviter les écueils dont est parsemé cet océan attirant et intimidant à la fois. C’est là que l’éducation aux médias entre en jeu. Elle se présente comme partie prenante d’une éducation à la citoyenneté. Et quelle que soit l’ampleur de la tâche, elle est l’un des objectifs essentiels que doit poursuivre la politique publique pour que tous les citoyens du monde puissent profiter pleinement des avantages de la société de l’information.

Aristophane disait : « Former les hommes, ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu  ». Cette citation illustre parfaitement l’un des postulats de base de l’éducation aux médias. L’enjeu est d’autant plus important qu’aujourd’hui, la quantité d’information à laquelle un individu peut avoir accès augmente sans cesse. Par ailleurs, cette dernière circule de manière de plus en plus rapide. Un homme ne peut tout savoir, on ne peut le remplir indéfiniment de connaissances. Par contre, son potentiel d’accès à l’information – et à son contraire – est indéniablement en croissance.

 Dans ce contexte, la performance d’un homme se mesure peut-être moins en fonction du nombre de connaissances dont il dispose, mais en fonction de l’esprit critique dont il peut faire preuve lorsqu’il est confronté à de nouvelles informations… Bien entendu, l’esprit critique est partiellement dépendant de connaissances et de savoirs formels. Il reste qu’il regroupe un ensemble plus vaste d’aptitudes qui semblent aujourd’hui primordiales.

Mesdames et Messieurs,

Il ne suffit pas de disserter sur les vertus de l’intégration des médias dans le système éducatif, mais il faut s’orienter aussi vers les stratégies nécessaires pour l’opérationnalisation de cette éducation, en saisissant les opportunités offertes au Maroc par la charte nationale de l’éducation et de la formation et par le plan d’urgence et en tirant profit de la libéralisation des médias

L’éducation aux médias va de pair avec celle des droits de l’homme. Nos jeunes ont besoin de repères stables, d’indices régulateurs et de foi en leurs pays. C’est pourquoi, il faut encourager la liberté d’expression, qui est en effet le droit à l’information, qu'il que soit le contexte, et qu’elle que puisse être la difficulté de la situation.

La liberté d’expression et la libre circulation de l’information et des idées sont des principes fondamentaux de la démocratie, pour lesquels nous avons tous un profond attachement, et sont cruciales pour le véritable respect des droits de l’homme,

 la démocratie exige que les individus soient en mesure de participer réellement à la prise de décision et à l’évaluation de l’action de leur gouvernement. En effet, l’un des moyens les plus efficaces de redresser une mauvaise gouvernance est notamment le débat ouvert et nourri par l’information.

Je ne peux conclure cette intervention sans adresser un vibrant hommage aux organisations internationales, en particulier l'UNESCO, auprès de laquelle le Maroc trouve toujours le partenaire idoine et disponible pour autoriser toutes les opportunités et traduire en actions concrètes la volonté politique qui l’anime pour être en phase avec l’opérationnalisation de l’éducation aux médias et à l’information.

Je me dois également de formuler tous mes souhaits de succès à vos travaux, sachant tout le bénéfice que nous en retirerons pour notre expérience et pour le devenir de notre démarche.

Je vous remercie de votre attention.

 

Touria Majdouline

Secrétaire Générale

de la Commission Nationale Marocaine

Pour L’éducation , Les sciences et la culture

Unesco-Isesco-Alecso

 

Commentaires

24.09 | 17:11

Thank you Madam for the huge and interesting information you'd provide us with

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24.09 | 17:04

Excellent madam

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22.09 | 15:44

Merci beaucoup

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21.09 | 17:31

Thank so much for these useful information I appreciate your work

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